Co-organisée par le Centre des Politiques de la Terre, Future Earth et l’Unil, la conférence « Towards a just and habitable world: exploring the role of technology », qui s’est tenue du 2 au 5 juin derniers à Lausanne, a réuni plus de 300 chercheurs, universitaires et praticiens venus de toute l’Europe et d’ailleurs, afin de réfléchir aux systèmes technologiques actuels et à leur capacité à favoriser ou à entraver les transformations vers un monde plus autonome, équitable et résilient.
© Micha Huigen
Les discussions ont mis en lumière la diversité des perspectives sur le rôle de la technologie dans la construction du développement durable. Au cœur de ces échanges interdisciplinaires figuraient les questions de justice, de suffisance et de démocratie : de quelle technologie avons-nous besoin ? Qui la contrôle ? Et vers quel avenir nous conduit-elle ? Dans ce contexte, il est apparu clairement que la technologie n’est pas seulement un outil, mais aussi un choix politique. La pertinence socio-environnementale de la technologie ne peut être évaluée indépendamment des questions de pouvoir, de justice et de démocratie. Qu’il s’agisse de géo-ingénierie, des enjeux de l’IA pour l’éducation et la liberté académique, ou de la course aux minéraux critiques, la technologie n’est pas neutre ; elle est façonnée par les dynamiques socio-politiques et exerce une forte influence sur elles.
Entre les nombreuses sessions parallèles et plénières, cette conférence a permis d’ouvrir des discussions critiques sur différentes alternatives aux visions techno-solutionnistes dominantes, tout en appelant à des réponses démocratiques, ancrées dans la réalité et à grande échelle face aux limites de l’adaptation. Les approches de suffisance, de faible technologie et d’exnovation, ainsi que l’innovation communautaire et les visions issues des savoirs autochtones, de l’écoféminisme et des perspectives décoloniales, ont occupé une place centrale dans de nombreuses sessions parallèles. Parallèlement, les questions d’éthique des technologies, de démocratie et des discours dominants sur les différentes options de gouvernance ont revêtu une importance égale et ont été explorées sous diverses formes tout au long des sessions plénières et parallèles.
En remettant en question l’idée d’une fatalité technologique, ces réflexions critiques contribuent à esquisser d’autres configurations sociotechniques et éclairent les débats publics sur les systèmes technologiques que les sociétés choisissent de maintenir, de transformer ou d’abandonner. Une délibération démocratique et constructive sur l’orientation que devrait prendre la technologie est essentielle pour concevoir des technologies qui ne reproduisent pas les logiques de contrôle et d’exploitation établies et qui contribuent activement à un monde plus juste et plus vivable.
Les enregistrements des séances plénières seront bientôt disponibles sur les chaînes YouTube des organisateurs.
Retrouvez cet article en anglais ainsi que le programme complet de l’évènement sur Future Earth.
Organisateur·ices : Centre des Politiques de la Terre (Université Paris-Cité), Future Earth Pathways Initiative et l’Université de Lausanne.
Co-organisateur.ices : CNRS (Centre national de la recherche scientifique), DKN (Comité allemand de Future Earth), INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), IRD (Institut de recherche pour le développement).
Comité scientifique : Andy Stirling, University of Sussex; Anke Schaffartzik, Central European University; Christian Pohl, ETH Zürich; Gabriel Dorthe, ETH Zürich & Research Institute for Sustainability at GFZ; Helmut Haberl, University of Vienna; Josef Settele, Helmholtz-Centre for Environmental Research – UFZ; Julia Steinberger, UNIL; Klement Tockner, Senckenberg Society for Nature Research; Maud Devès, Paris Cité University; Nathalie Blanc, CNRS; Nelly Niwa, UNIL; Peter Verburg, Free University of Amsterdam; Pierre Cornu, INRAE ; Priscilla Duboz, CNRS; Thomas Potthast, Tübingen University; Wolfgang Cramer, CNRS.
Intervenant.e.s (liste non exhaustive) : Jane Calvert Science, Technology and Innovation Studies, University of Edinburgh; Jennifer Gabrys Media, Culture and Environment, Department of Sociology, University of Cambridge; Sheila Jasanoff Harvard Kennedy School; Noortje Marres University of Warwick; Institute for Advanced Study at the University of Amsterdam; Kevin Noone Departement of Environmental Science, Stockholm University; Stefan Pauliuk Faculty for Environment and Natural Resources, University of Freiburg; Melanie Pichler BOKU University; Jennie Stephens National University of Ireland Maynooth; Yamina Saheb LIEPP, Sciences Po; Stefan Schäfer Research Institute for Sustainability Helmholtz Center Postdam.
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