Sociologue du développement, Béatrice Dione a bâti son parcours autour d’une conviction : comprendre le genre exige d’articuler terrain et théorie. Son Master 2 (UGB Saint-Louis) l’a menée dans le delta du Saloum étudier les incidences du projet canadien GEFI sur les rapports de genre. Elle a ensuite mis cette analyse à l’épreuve du terrain pendant trois ans chez World Vision International, comme Spécialiste Genre au Sénégal, pilotant des stratégies d’égalité des sexes dans les chaînes de valeur locales. Elle parle wolof et sérère, langues des femmes qu’elle étudie, sans médiation.
Sa thèse, « Habitabilité et reproduction sociale : approche de genre et territorialisée. Le cas des femmes agroécologistes du Sénégal rural », prolonge ce même fil : que construisent les femmes rurales quand elles pilotent elles-mêmes leurs initiatives ? En choisissant quelles semences conserver ou quelles zones mettre en repos biologique, elles façonnent aussi bien leur travail reproductif que la biodiversité locale. Terrain : delta du Saloum, façonné par la sécheresse et l’érosion côtière. Recherche dirigée par Isabelle Guérin (CESSMA), en codirection avec Juan Fernandez-Manjarres et Roxane Sansilvestri (ESE, Université Paris-Saclay).
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