Du 17 au 22 août 2025, Vienne a accueilli le 19e Congrès international d’immunologie (IUIS), réunissant 3 000 immunologistes des quatre coins du globe. L’Institut Hors Murs d’immunologie et d’immunopathologie a financé la participation de quatre de ses chercheuses et chercheurs, dont les travaux sur les interférons (des protéines antivirales), les cellules dendritiques plasmacytoïdes (productrices d’interférons) et les LysoDC (cellules productrices du lysozyme, une enzyme antibactérienne), ont marqué cet événement scientifique majeur.

19e Congrès international d’immunologie de l’IUIS

L’IUIS 2025 a réuni 3 000 immunologistes venus des quatre coins du monde. Cet événement phare de l’année s’est déroulé à Vienne, en Autriche, du 17 au 22 août 2025.

Quatre chercheuses et chercheurs de l’IHM à l’honneur

 

L’Institut Hors Murs d’immunologie et d’immunopathologie a soutenu la participation de quatre de ses talents au Congrès IUIS 2025 : Fatoumata Samassa et Mehdi Khelfa (chercheuse et chercheur postdoctoraux à l’Institut Cochin), Renan Oliveira-Correa (chercheur postdoctoral à l’Institut Imagine) et Sijing Li (chercheuse postdoctorale au sein de l’équipe « Métabolisme, cancer et immunité » du Centre de recherche des Cordeliers). Leurs travaux, présentés sous forme de keynotes ou d’affiches, ont mis en lumière des avancées majeures en immunologie, notamment sur le système immunitaire et les lymphocytes (des globules blancs producteurs d’anticorps).

 

Fatoumata Samassa a étudié comment l’interféron-α (un marqueur précoce du diabète de type 1) modifie la façon dont les cellules β pancréatiques (productrices de l’insuline) présentent des antigènes. De plus, on observe chez les patients diabétiques une surexpression de HLA-B (une protéine présente dans toutes les cellules et qui permet d’indiquer à l’organisme si la cellule est saine ou infectée). Cette dérégulation pourrait dès lors expliquer pourquoi le système immunitaire attaque les cellules β dans le DT1.

Résumé : Interferon-α promotes HLA-B-restricted presentation of conventional and alternative antigens in human pancreatic β-cells

 

Dans son étude, Mehdi Khelfa a exposé des cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDC) humaines à des lymphocytes infectés par le VIH-1. Résultats :

  • 50 % des pDC ont produit de l’interféron.
  • La plupart ont acquis des propriétés migratoires (importantes pour activer les lymphocytes).
  • La moitié ont exprimé des molécules de co-stimulation (qui permettent aux lymphocytes de confirmer leur activation).
  • La majorité ont exprimé une faible fonction cytotoxique (donc davantage portées sur le renseignement que l’attaque).

Cette plasticité des pDC pourrait être exploitée pour développer des thérapies ciblées visant à améliorer le contrôle du VIH-1, en combinant leurs rôles dans la réponse immunitaire et la régulation.

Résumé : HIV-1-infected CD4+T cells induce human plasmacytoid DC diversification in vitro

 

L’étude de Renan Oliveira-Correa démontre que dans les plaques de Peyer, les LysoDC capturent les bactéries filamenteuses segmentées (SFB) et activent spécifiquement les lymphocytes Th17. Ces LysoDC sont uniquement présentes dans les plaques de Peyer et développent leur fonction sous l’influence du microbiote. Leur déplétion chez des souris supprime les réponses Th17 dans les plaques de Peyer, prouvant leur rôle central. Les LysoDC interagissent directement avec les SFB et les lymphocytes T, formant un axe SFB-LysoDC-Th17 essentiel pour l’immunité intestinale.

Cette découverte met en lumière l’importance des APC spécialisées (comme les LysoDC) dans la régulation des réponses immunitaires contre les bactéries, et ouvre des pistes pour comprendre comment l’intestin maintient un équilibre entre tolérance et défense

Résumé : Monocyte-derived LysoDCs mediate distinct Th17 immunity in Peyer’s patches driven by segmented filamentous bacteria

 

Des travaux innovants sur les lymphocytes et le système immunitaire

 

Le Congrès IUIS 2025 a été l’occasion de présenter des avancées majeures en immunologie, présentées par les chercheuses et chercheurs de l’IHM.

 

Fatoumata Samassa a présenté les travaux de :

  • Shimon Sakaguchi (Université d’Osaka, professeur émérite, Université de Kyoto, lauréat du prix Nobel de physiologie et médecine 2025), pour son approche innovante sur les lymphocytes Treg, ouvrant la voie à des immunothérapies ciblées.
  • Yasmine Belkaid (Institut Pasteur), qui a révélé l’existence de lymphocytes intraépithéliaux T-bet⁺.
  • Dmitry Chudakov (EITEC, République tchèque ; ADSCC, Émirats Arabes Unis), qui a proposé une stratégie innovante pour éliminer sélectivement les clones de lymphocytes T pathogènes, offrant une piste thérapeutique prometteuse contre les maladies auto-immunes.
  • Michel Enamorado (École de médecine Icahn du Mont Sinaï), qui a exploré les interactions complexes entre microbiote, neurones et système immunitaire, révélant des mécanismes inédits à la frontière de la neuro-immunologie.
  • Lucy Walker (University College of London), qui a proposé une thérapie combinée innovante contre le diabète de type 1.
  • Renan V. H. de Carvalho (Scripps Research Institute), qui a révélé une stratégie pionnière pour identifier les cellules interagissant avec les plasmocytes, offrant un outil clé pour décrypter leur niche.
  • Camila Coelho (École de médecine Icahn du Mont Sinaï), qui a annoncé la découverte d’anticorps contre la variole du singe, avec des résultats prometteurs chez la souris et l’humain, ouvrant la voie à un transfert clinique rapide.
  • Arlene Sharpe (Harvard Medical School, lauréate du prix EXCELL de l’IUIS 2025), qui a reçu un prix prestigieux pour ses recherches innovantes utilisant une technologie génétique (CRISPR) afin de découvrir de nouveaux traitements contre le cancer.

Renan Oliveira-Correa a mis en avant Ruslan Medzhitov (École de médecine de Yale, USA), pour ses travaux qui démontrent comment le système immunitaire semble trouver un équilibre entre exploration et exploitation, optimisant ainsi la protection face aux défis actuels et futurs (« hypothèse de l’hygiène »).

 

Sijing Li a présenté la conférence du professeur Xiaoyu Hu qui a démontré que les cellules épithéliales intestinales agissent comme des régulatrices clés pour freiner l’inflammation allergique et moduler l’immunité antitumorale, ouvrant ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques.

 

Enfin, Mehdi Khelfa a présenté les travaux de Thomas Krausguber (MedUni Vienne, Autriche), également mis à l’honneur lors de la session « étoiles montantes de l’immunométabolisme », qui a démontré que les cellules structurelles jouent un rôle immunitaire actif et spécifique à chaque organe pour réguler l’infection virale.

Il a également présenté les travaux de Akira Takeda (MediCity Research Laboratory et Institut de biomédecine, Turku, Finlande), également mis à l’honneur lors de la session consacrée aux étoiles montantes de l’immunologie du cancer, dont l’équipe a découvert les « regsomes », des vésicules produites par une sous-population de cellules dendritiques qui régulent l’immunité anticancéreuse en transformant les lymphocytes T en cellules de type souche.

 

L’Institut Hors Murs d’immunologie et d’immunopathologie tient à féliciter Fatoumata Samassa, Mehdi Khelfa, Renan Oliveira-Correa et Sijing Li pour leur participation active à ce congrès d’envergure internationale. Leurs travaux illustrent l’excellence de la recherche française en immunologie.

Un grand merci à l’IUIS 2025 pour l’organisation de cet événement stimulant, ainsi qu’à tous les partenaires qui ont rendu cette participation possible.

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