Le 23 avril 2026, les résultats d’un consortium international ont été présentés lors d’un événement coorganisé avec la Faculté de Santé de l’Université Paris Cité et des personnes concernées et marquant la fin du Long COVID EU Project. Ces travaux, menés sur quatre ans, révèlent que le « COVID long » est une affection aux manifestations variables, mais réversibles. Portée par des équipes de six pays européens, les conclusions de ce consortium orientent vers des pistes concrètes pour améliorer la prise en charge des patientes et des patients et redonner espoir à celles et ceux qui souffrent.

 

 

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Une affection aux multiples visages : des symptômes variables mais réversibles

Les études du consortium ont confirmé la réalité des symptômes post-COVID-19, tout en montrant leur grande variabilité d’une personne à l’autre. Contrairement à certaines idées reçues, les chercheuses et les chercheurs n’ont pas identifié de marqueur biologique spécifique ni de mécanisme physiopathologique permanent. Cédric Lemogne, psychiatre à l’Université Paris Cité, insiste sur la plasticité de cette affection en soulignant que les symptômes peuvent être déclenchés par l’infection, puis pérennisés par le fonctionnement du cerveau. Cette complexité ouvre la voie à des interventions cognitives et comportementales pour favoriser le rétablissement, en adaptant les prises en charge aux profils individuels.

Les résultats montrent que l’état de la majorité des patientes et des patients s’améliore avec le temps, remettant en cause les discours alarmistes auxquels sont souvent exposés les personnes concernées dans le débat public. Cette évolution positive est souvent liée à des aménagements concrets, tels qu’une réadaptation physique adaptée ou un soutien professionnel, qui permettent aux patientes et patients de retrouver progressivement une qualité de vie satisfaisante.

Vers une prise en charge holistique : réadaptation, accompagnement et recherche

Ce colloque a également été l’occasion de mettre en lumière l’efficacité d’une approche multidimensionnelle pour accompagner les patientes et patients. Les chercheuses et chercheurs recommandent de considérer la façon dont le cerveau interprète les signaux d’alerte du corps face à l’infection. Ils soulignent également l’importance du contexte psychosocial, notamment l’impact des attentes, du sens donné aux symptômes et de l’environnement social sur la persistance des symptômes.

Des programmes de réadaptation personnalisée intégrant des thérapies cognitives et comportementales, comme ceux développé au sein du Oslo Chronic Fatigue Network, ont démontré leur utilité pour faciliter le retour à une vie normale. Helena Liira, coordinatrice du projet à l’Hôpital universitaire d’Helsinki, explique que cette approche globale permet d’offrir un soutien plus efficace et d’aider les patientes et patients à retrouver leur autonomie. En intégrant ces différentes dimensions, les cliniciennes et cliniciens peuvent mieux adapter leurs interventions aux besoins spécifiques de chaque individu.

Un message d’espoir : des perspectives pour les patientes et les patients, mais aussi les cliniciennes et les cliniciens

Les conclusions du consortium sont porteuses d’espoir et elles relativisent certaines hypothèses souvent évoquées mais en réalité très fragiles, comme le rôle de la persistance du virus ou de la présence de « microcaillots » dans les symptômes persistants. Elles ouvrent également la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes, fondées sur une meilleure compréhension des interactions entre infection, cerveau et environnement. Des personnes concernées ont ainsi pu témoigner lors du colloque de leurs parcours de rétablissement basé sur cette compréhension.

Les publications issues du projet confirment que le rétablissement est possible, même après des symptômes prolongés. Pour la Faculté de Santé de l’Université Paris Cité, ces résultats renforcent l’importance d’une médecine basée sur les donnés probantes, intégrant les données de la recherche, l’expertise des cliniciens et l’expérience des personnes concernées, afin de répondre aux défis posés par le COVID long.

 

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