Sous la direction de Pierre Gressens, l’unité mixte de recherche UMR 1141 NeuroDiderot (Université Paris Cité et Inserm) révolutionne la compréhension des troubles neurodéveloppementaux et psychiatriques. En explorant les mécanismes précoces du cerveau et la chronobiologie, les chercheuses, les chercheurs, les cliniciennes et les cliniciens ouvrent la voie à une médecine de précision novatrice pour tous les âges.

Mieux comprendre le développement cérébral précoce et ses vulnérabilités

Le développement du cerveau durant les premiers stades de la vie conditionne la santé mentale future. L’équipe inDEV étudie le suivi des nourrissons prématurés grâce à des technologies d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et d’électroencéphalographie (EEG) haute densité. Leurs travaux montrent que la prématurité se traduit par de subtiles variations de la connectivité et de l’activité cérébrale, influencées par des facteurs néonataux et cliniques.

Parallèlement, le projet européen MICRO-NEST, doté de 6 millions d’euros et coordonné par Pierre Gressens, s’intéresse au risque trois fois plus élevé chez les enfants prématurés de développer des troubles du spectre de l’autisme. En combinant immunologie, étude du microbiote, imagerie et intelligence artificielle, les scientifiques élaborent un « jumeau numérique » pour affiner le diagnostic précoce. En neurodéveloppement, l’équipe NeuroDev a également mis en lumière la vulnérabilité des progéniteurs neuraux et des neurones humains face au virus Oropouche grâce à des modèles d’organoïdes cérébraux, éclairant ainsi les risques d’altération du développement cérébral fœtal.

Sommeil et rythmes biologiques : de nouvelles clés pour la psychiatrie

Le sommeil et la chronobiologie constituent des axes prioritaires pour comprendre les pathologies psychiatriques, lesquelles touchent plus de 80 % des personnes suivies en psychiatrie. L’équipe Sleep CMD explore les liens transversaux entre rythmes circadiens, sensibilité à la lumière et troubles de l’humeur. Leurs découvertes mettent en avant la détection de cauchemars ou de perturbations du sommeil comme des signaux d’alerte précoces avant une crise suicidaire ou un épisode dépressif ou maniaque.

L’utilisation d’outils innovants tels que la pupillométrie ou l’électrorétinographie permet d’identifier de véritables biosignatures lumineuses et rétiniennes de la dépression. Du côté thérapeutique, la thérapie par répétition d’imagerie mentale (RIM), la luminothérapie et la TCC-I démontrent des résultats prometteurs pour diminuer l’idéation suicidaire et les rechutes thymiques.

Une recherche collaborative et internationale en santé mentale

L’engagement de NeuroDiderot s’inscrit au cœur de réseaux nationaux et internationaux d’excellence. Partenaire du programme national PEPR PROPSY, l’équipe 3I Brain contribue au développement de biomarqueurs pour l’ensemble des générations. La Dre Mireille Laforge a reçu le prix franco-britannique Precision Mind de l’Université d’Oxford, stimulant les échanges académiques et technologiques entre la France et le Royaume-Uni.

En portant la voix des malades auprès des instances publiques — comme lors des réflexions à l’Assemblée nationale sur le COVID long pédiatrique — ainsi qu’en publiant sur l’apport de la génétique en prévention psychiatrique, les intervenantes, les intervenants, les enseignantes et les enseignants de NeuroDiderot incarnent une recherche translationnelle engagée pour faire progresser durablement la santé mentale.

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