L’équipe du centre d’investigation clinique de vaccinologie Cochin-Pasteur (AP-HP, Université Paris Cité, Inserm), coordonnée par le Pr Odile Launay, a effectué une revue systématique de la littérature des études d’immunogénicité et d’efficacité des vaccins Covid-19 chez les personnes immunodéprimées. Elle a conclu à un risque de faible immunogénicité des vaccins Covid-19 parmi les personnes immunodéprimées, particulièrement chez les patients transplantés d’organes solides et les patients atteints d’hémopathies malignes.
Des données suggèrent que les vaccins Covid-19 seraient moins efficaces chez les personnes immunodéprimées, qui sont à risque élevé de Covid-19 sévère.
Les chercheurs ont conduit une revue systématique de la littérature des études d’immunogénicité et d’efficacité des vaccins Covid-19 chez les personnes immunodéprimées. Elles ont utilisé les bases de données Medline et Embase, incluant toutes les publications sur l’immunogénicité et l’efficacité des vaccins Covid-19 jusqu’au 31 août 2021.
Des 5 917 résultats initialement obtenus, 162 études, dont 157 d’immunogénicité et 5 d’efficacité, ont été inclues dans l’étude, regroupées par type de population immunodéprimée: cancer, hémopathie maligne, transplantation d’organe solide, maladie auto-immune systémique ou spécifique d’un organe, maladie auto-inflammatoire, maladie rénale chronique, infection par le VIH, immunodéficience congénitale, patients sous médicaments immunosuppresseurs, corticoïdes systémiques, anticorps monoclonaux.
Le taux de non-réponse vaccinale, définie par l’absence d’anticorps anti-protéine spike après vaccination complète, semblait plus élevé parmi les transplantés d’organes solides (compris entre 18 et 100%), particulièrement chez les transplantés pulmonaires et rénaux, et les patients atteints d’hémopathies malignes (14-61%), et semblait plus bas parmi les patients dialysés (2-30%) ou atteints de cancers solides (2-36%).
Un âge avancé, les corticoïdes, immunosuppresseurs et anticorps anti-CD20 étaient fréquemment associés au risque de non-réponse.
Cette revue systématique met en évidence le risque de faible immunogénicité des vaccins Covid-19 parmi les personnes immunodéprimées, particulièrement chez les transplantés d’organes solides et les patients atteints d’hémopathies malignes. Des stratégies alternatives comme des schémas vaccinaux renforcés pourraient s’avérer nécessaires.
Références
Immunological and clinical efficacy of COVID-19 vaccines in immunocompromised populations: a systematic review – Simon Galmiche, Liem Binh Luong Nguyen, Eric Tartour, Xavier de Lamballerie, Linda Wittkop, Paul Loubet, Odile Launay.
Clinical Microbiology and Infection.
DOI : https://doi.org/10.1016/j.cmi.2021.09.036
À lire aussi
Amazonie, virus et vampires : ce qu’un an de webinaires « One Health -Emerging Infectious Diseases » a révélé au monde
Une étude ouvre une nouvelle voie pour prévenir les infections graves du nourrisson
Les infections invasives à pneumocoque, telles que les méningites ou les septicémies, restent une cause importante d'hospitalisation et de complications chez les jeunes enfants. Une étude française, coordonnée par la Dr Inès Fafi et le Pr Naïm Ouldali, du service de...
Lindau Nobel Laureate Meetings : une semaine « hors du commun » au cœur de l’excellence scientifique, racontée par deux jeunes chercheuses d’UPCité
Grâce au soutien du programme SMARTS-UP Graduate Schools, Federica Namor, doctorante à l’Institut de Recherche Saint-Louis (IRSL – Université Paris Cité/Inserm) et Marie Robert, jeune docteure du Centre de Recherche sur l’Inflammation (CRI – Université Paris...
Dans les coulisses d’une collaboration franco-marocaine vers les batteries de demain
« La collaboration internationale, c'est quelque chose qui est né avec la science. Dans la recherche, on parle le même langage. » À travers ces mots, Jalal Ghilane, chercheur à l’Université Paris Cité (UPCité), décrit une approche de la recherche fondée sur les...