Le 11 février marque la Journée internationale des femmes et des filles de science. À cette occasion, l’Université Paris Cité réaffirme son engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes et célèbre le parcours de celles qui font avancer la recherche. Entre un héritage à célébrer et un avenir à construire, découvrez les temps forts de cette célébration.

Visualisation des 72 noms de femmes scientifiques sur la Tour Eiffel

© Agence Pierre-Antoine Gatier

Des femmes scientifiques mises à l’honneur sur la Tour Eiffel

Les 72 noms de savants gravés sur la Tour Eiffel pour célébrer les scientifiques ayant contribué au rayonnement de la France sont aujourd’hui exclusivement masculins. En 2027, une étape symbolique sera franchie : 72 noms de femmes scientifiques seront inscrits au-dessus de ceux des hommes, faisant enfin entrer la parité sur ce monument historique emblématique. Ce geste fort, à la fois mémoriel et tourné vers l’avenir, reconnaît la contribution essentielle des femmes au progrès scientifique.

Parmi les femmes mises à l’honneur figurent plusieurs scientifiques qui ont marqué l’histoire de l’Université Paris Cité à travers ses établissements fondateurs (Université Paris Diderot et Université Paris Descartes) :
  • Yvette Amice (1936-1993), arithméticienne de renom et vice-présidente de l’Université Paris Diderot de 1978 à 1981. En 1975, elle devient présidente de la Société mathématique de France, la deuxième femme depuis sa création en 1872, et participe à la création du Centre international de rencontres mathématiques à Luminy.
  • Madeleine Brès (1842-1921), médecin formée à la Faculté de médecine de l’Université de Paris. Elle soutient son doctorat en 1875 sur la composition du lait maternel et devient la première femme française docteure en médecine.
  • Augusta Déjérine (1859-1927), médecin neurologue formée à la Faculté de médecine de l’Université de Paris. Elle devient, en 1886, la première femme interne des hôpitaux de Paris et ouvre la voie aux futures générations de femmes médecins.
  • Marthe Gautier (1925-2022), médecin biologiste et docteure de la faculté de médecine de l’Université de Paris. Elle a travaillé pour l’Université Paris-Diderot et a marqué la recherche biomédicale. En 2025, un astéroïde est nommé en son honneur.
  • Paulette Libermann (1919-2007), mathématicienne et professeure à l’Université Paris Diderot de 1966 à 1986. Elle est l’une des pionnières de la géométrie symplectique et est, entre autres, connue pour ses feuilletages, une façon de strier les espaces.
  • Marianne Manago (1921-2013), biochimiste et professeure à l’Université Paris Diderot de 1977 à 1982. Elle est la première femme présidente de l’Académie des sciences, de 1995 à 1996.
  • Alice Sollier (1861-1942), médecin psychiatre, elle est parmi les premières femmes issues de minorités à devenir docteure en médecine en 1887. Elle est notamment reconnue pour ses contributions en psychiatrie et neurologie.

La Tour Eiffel rend également hommage à l’excellence scientifique de l’Institut Pasteur, organisme de recherche partenaire de l’Université Paris Cité, à travers des figures telles que la biophysicienne Odile Croissant, la chimiste et résistante Pauline Ramart, la biologiste et médecin Hélène Sparrow, surnommée la « chasseuse de microbes », la chimiste Thérèse Tréfouël et la biologiste moléculaire Agnès Ullmann.

Célébrer l’excellence des chercheuses d’UPCité

La reconnaissance des doctorantes, chercheuses et enseignantes-chercheuses de l’Université Paris Cité souligne le rôle majeur des femmes dans l’innovation scientifique et leur contribution aux avancées internationales. En 2025, plusieurs distinctions prestigieuses ont mis en lumière le talent et l’engagement des femmes, qui représentent une part importante des lauréates et lauréats :

Prix Jeunes Talents France L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

11 doctorantes et post-doctorantes ont été récompensées en 2025.

Institut Universitaire de France (IUF)

7 femmes ont été distinguées parmi les 11 scientifiques nommés membres de l’IUF.

ERC Consolidator Grants

1 femme a été récompensée parmi les 2 projets coordonnés à l’Université Paris Cité.

ERC Starting Grants 2025

3 femmes sont lauréates parmi les 6 distingués à l’Université Paris Cité.

Les médailles CNRS 2025

3 femmes ont été récompensées parmi 6 lauréats issus d’unités de recherche de l’Université Paris Cité.

Académie des Sciences 2025

3 femmes ont été distinguées parmi 9 lauréats conduisant leurs travaux dans des unités de recherche de l’Université Paris Cité.

La parité à l’Université Paris Cité : une dynamique en marche

Les données issues du dernier Rapport Social Unique (2022) témoignent d’une évolution encourageante vers une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes au sein de l’Université Paris Cité. Si des écarts persistent selon les disciplines, les tendances observées traduisent une dynamique réelle et porteuse d’avenir.

Aujourd’hui, les femmes représentent 53,5 % de l’ensemble des personnels de l’Université Paris Cité. Dans le monde de la recherche, la progression est tangible. Les femmes représentent 43,8 % des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs (EC) titulaires. Si l’équilibre n’est pas encore pleinement atteint, la relève est particulièrement prometteuse puisque les femmes représentent 53,1 % des doctorantes et doctorants.

Les dynamiques varient selon les facultés. La Faculté Sociétés et Humanités affiche une majorité féminine, avec 54,1 % de femmes parmi les EC titulaires. À la Faculté des Sciences, les écarts demeurent plus marqués parmi les EC titulaires, où les femmes représentent 36,7 %. Au niveau de la Faculté de Santé, les femmes représentent près de 41% des EC titulaires. Si les femmes représentent 41,6 % des doctorantes et doctorants en Faculté des Sciences, leur présence est largement majoritaire dans les filières Santé (64,4 %) et Sociétés et Humanités (61,9 %). Ces chiffres illustrent à la fois les progrès et l’importance de continuer à soutenir l’accès, l’accompagnement et la progression des carrières féminines dans l’ensemble des disciplines scientifiques.

Encourager les vocations scientifiques

Dans le cadre de son engagement en faveur de l’égalité des chances et de la promotion des carrières scientifiques, Université Paris Cité organise chaque année des initiatives destinées à inspirer les jeunes filles et étudiantes.

Le Forum des carrières scientifiques et des métiers de la santé, co-organisé avec l’AP-HP et la ville de Saint-Ouen offre aux élèves du secondaire et à leurs familles, l’occasion de découvrir la diversité des parcours et des débouchés dans ces domaines. L’édition 2025, qui s’est tenu les 7 et 8 novembre, a particulièrement mis l’accent sur l’inclusion et la promotion des femmes dans les carrières scientifiques et de santé.

Par ailleurs, le dispositif des Cordées de la réussite permet aux élèves de terminale de vivre une immersion au cœur de l’université, d’échanger avec des scientifiques et de bénéficier de conseils sur leur orientation et leur projet d’études. Ces actions, portées par le Pôle de l’Orientation et de la Professionnalisation (POP), contribuent à informer les jeunes sur les parcours scientifiques et à favoriser un accès équitable à l’enseignement supérieur.

Ces différents rendez-vous visent à déconstruire les stéréotypes, valoriser les modèles inspirants et accompagner les jeunes femmes dans leurs choix d’orientation.

Deux expositions à découvrir dans les bibliothèques universitaires

La Journée internationale des femmes et des filles en sciences est ainsi l’occasion de porter un regard historique sur celles qui ont ouvert la voie. La Direction des bibliothèques et musées de l’Université Paris Cité inaugurera le 1er avril 2026 deux nouvelles expositions :

  • Les premières femmes avocates : rendez-vous à la BU Jeanne-Chauvin (Malakoff) pour découvrir le combat de ces pionnières du droit.
  • Les premières femmes médecins : direction la BU Grands Moulins pour une plongée dans l’histoire de la médecine au féminin.

Ces deux expositions, ouvertes du 1er avril au 26 juin 2026, mettent en lumière les combats qui ont été menés par les femmes dans la seconde moitié du 19e siècle, en France mais également à travers l’Europe, pour obtenir l’accès à des métiers traditionnellement réservés aux hommes, puis pour exercer ces professions en toute indépendance.

 

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