L’étude REACTIVE, coordonnée par la Dre Tiphaine Lenfant et le Pr Viet-Thi Tran et menée par des équipes de médecine interne de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, du centre d’épidémiologie clinique de l’hôpital Hôtel-Dieu AP-HP, de l’Université Paris Cité, de l’Université Sorbonne Paris-Nord, de l’Inserm, et INRAE (CRESS), révèle qu’une part importante de patients atteints de maladies chroniques est prête à recourir aux soins à distance pour une partie de leur prise en charge. Les résultats ont été publiés le 10 février 2026 dans la revue JAMA Network Open.

 

L’augmentation de la prévalence des maladies chroniques et le manque de professionnels de santé pèsent sur le système de santé. Dans ce contexte, le développement et l’optimisation du soin à distance pourraient contribuer à améliorer la continuité du suivi des patients et à gagner ainsi du temps pour les professionnels de santé, sur les consultations en présentiel.

L’étude REACTIVE, promue par l’AP-HP, visait à explorer les nouvelles modalités d’interaction entre les patients et leurs médecins, qu’il s’agisse de consultations par vidéo, par téléphone ou d’échanges via des messageries électroniques. Réalisée auprès de 2 000 adultes vivant en France et atteints d’au moins une maladie chronique, l’enquête a révélé que 47 % des patients ne disposent actuellement d’aucune possibilité de soin à distance avec leur médecin habituel.

Les préférences des patients varient fortement selon la situation clinique. Le présentiel reste privilégié en cas de symptômes nouveaux ou d’aggravation de l’état de santé. En revanche, un patient sur deux se dit prêt à consulter à distance un autre médecin que le sien lorsque les délais pour obtenir un rendez-vous avec son médecin habituel sont trop longs, notamment pour un renouvellement d’ordonnance ou l’analyse de résultats d’examens. Ces résultats mettent en évidence la nécessité pour les patients de devoir choisir fréquemment entre la continuité des soins et la rapidité d’accès à un professionnel de santé.

L’étude souligne également que le soin à distance demeure insuffisamment proposé et intégré dans l’organisation actuelle des soins. Les auteurs de l’étude plaident ainsi pour le développement de modèles de prise en charge « hybrides », associant consultations en présentiel et à distance, et adaptés aux besoins cliniques, aux préférences des patients et à leur niveau de maîtrise des outils numériques.

Enfin, ces travaux apportent des éléments utiles à la réflexion sur les politiques publiques d’organisation du suivi des maladies chroniques. Ils soulignent la nécessité de concevoir de nouvelles plateformes, en adéquation avec les organisations de soins existantes et les modes de vie des patients. Cette démarche est actuellement en phase de prototypage dans le cadre du projet @Hôtel-Dieu, soutenu par l’État dans le cadre de la stratégie d’accélération de la santé numérique de France 2030.

Référence

Patient Preferences for In-Person vs Remote Care for Long-Term Conditions
Lenfant T, Perrodeau E, Ravaud P, Tran V. 
JAMA Network Open, 2026 | DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2025.57759

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