Le projet Infibrosis, lauréat d’une prestigieuse ERC Starting Grants 2026, porté par Camille Cohen, médecin chercheur en néphrologie à l’Université Paris Cité au Centre de Recherche sur l’inflammation*, contribuera à améliorer les connaissances sur la maladie rénale chronique. Les résultats produits dans ce projet contribueront à développer des traitements adaptés aux patients dans les premières phases de la maladie.

La maladie rénale chronique touche aujourd’hui 10% de la population dans les pays occidentaux. Sa fréquence est en augmentation et engendre un taux de mortalité important. Cette maladie peut être causée par des pathologies telles que le diabète, l’hypertension, ainsi que par des maladies immunitaires et génétiques.

 « Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement pour les stades précoces car on ne sait pas encore identifier les patients qui vont mal évoluer. C’est exactement ce que je compte changer » explique Camille Cohen, chercheur en néphrologie à l’Université Paris Cité et porteur du projet Infibrosis.

Cette absence de solution thérapeutique s’explique notamment par une mauvaise compréhension des mécanismes biologiques en jeu aux stades précoces de la maladie. Avec le projet Infibrosis, Camille Cohen compte pallier ces lacunes en étudiant particulièrement le rôle des cellules immunitaires dans le développement de la maladie rénale chronique, indépendamment de la pathologie qui peut en être la cause.

Un projet qui mobilise plusieurs domaines de la biologie

Pour parvenir à ces objectifs, le projet mobilisera plusieurs disciplines : bio-informatique, biologie cellulaire, physiopathologie et recherche translationnelle. La bio-informatique occupera une place particulièrement importante puisque des algorithmes d’intelligence artificielle et de deep learning seront développés pour analyser des images de biopsie de patients. L’idée est d’étudier des photographies de tissus de patients à l’aide de réseaux de neurones – système informatique qui utilise notamment des méthodes statistiques – afin d’établir un pronostic. Au total ce sont plus de 300 patients qui seront mobilisés au sein de ce projet.

Un autre volet d’Infibrosis sera consacré à l’étude de l’impact des cellules immunitaires sur le rein. Pour ce faire, des expériences seront menées sur des organoïdes de rein, qui sont des reconstitutions miniaturisées de l’organe, produites à partir de cellules de patients. Ces organoïdes seront placés en boîte de culture avec des cellules immunitaires, ce qui permettra d’étudier leurs interactions. Les résultats obtenus permettront de développer des traitements thérapeutiques adaptés.

Infibrosis s’inscrit dans l’InidEx InFibrex, une initiative interdisciplinaire portée par l’Université Paris Cité

Les thématiques traitées dans le projet Infibrosis se retrouvent dans celles abordées par le projet interdisciplinaire InFibrex, dans lequel Camille Cohen travaille également et pour lequel il est représentant jeune chercheur. La fibrose, qui est le moteur principal de la maladie rénale chronique, constitue le sujet principal de l’InidEx InFibrex.

 « Le projet Infibrosis a participé à enrichir les questionnements au cœur de l’InidEx InFibrex, principalement sur le rôle entre l’inflammation et la fibrose » indique Camille Cohen.

Des compétences de pointe mobilisées pour accompagner le projet

Comme pour d’autres projets, le montage et le dépôt d’Infibrosis ont notamment été rendus possibles grâce à l’accompagnement du Grants Office de la faculté de santé. Ce département, intégré au pôle recherche de la faculté, a soutenu le chercheur sur le volet administratif mais a également été vecteur de proposition sur le volet scientifique afin d’optimiser le dossier du projet. Selon Camille Cohen, cet accompagnement a constitué une véritable plus-value pour l’obtention de cette ERC.

En plus de permettre au jeune chercheur de se focaliser principalement sur l’aspect scientifique du projet, l’obtention de ce financement européen de près d’1,5 million d’euros sur cinq ans ouvre le champ des possibles pour le chercheur et son équipe.

« Cette ERC permettra d’envisager des techniques nouvelles, de prendre des risques et de recruter un ingénieur, un technicien et un post-doctorant » précise Camille Cohen.

Les compétences mobilisées permettront l’analyse des images et le développement du réseau de neurones qui sera la prochaine grande étape du projet, qui donnera des résultats dans les deux prochaines années projette Camille Cohen.

*UMR 1149 – Université Paris Cité, Inserm – ERL CNRS 8252

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