En mars dernier, quatre doctorantes et doctorants de l’École doctorale 262 (SJPEG) de l’Université Paris Cité ont participé au Guild Law Doctoral Workshop, un événement organisé à l’Université de Ljubljana par le réseau européen The Guild, dont UPCité est membre. À l’occasion de la Journée européenne du doctorat le 13 mai, ce retour d’expérience illustre la plus-value de la mobilité internationale dans le parcours doctoral. Cette participation s’inscrit par ailleurs dans la dynamique portée par la Faculté de Droit, d’Économie et de Gestion, engagée dans le soutien à la recherche doctorale et à son rayonnement international.
© Robin Gonalons
The Guild, un réseau au cœur de l’espace européen de la recherche (EER)
Fondé en 2016, le réseau The Guild of European Research-Intensive Universities réunit 23 universités de recherche intensive réparties dans 17 pays. Implanté à Bruxelles, au plus près des institutions européennes, le réseau œuvre à renforcer les politiques de recherche et d’innovation à l’échelle de l’Union Européenne. Pour ses membres, The Guild constitue un espace d’échanges propice à des actions communes en formation et en recherche.
Parmi les initiatives du réseau, le Guild Law Doctoral Workshop constitue un rendez-vous annuel clé : organisé chaque année par les Facultés de droit du réseau, cet événement permet aux doctorantes et doctorants des universités membres de présenter leurs travaux devant leurs pairs ainsi que des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs venus de toute l’Europe.
Une immersion au cœur des enjeux juridiques européens
Cette année, c’est la Faculté de droit de l’Université de Ljubljana qui accueillait l’événement, centré sur la protection de l’État de droit face aux transformations géopolitiques et sociétales actuelles : conflits, crises climatiques, sanctions économiques.
Pendant deux jours, quatre doctorantes et doctorants d’UPCité ont présenté leurs travaux, apportant des regards complémentaires : Charles Paliard travaille sur les réformes de la justice constitutionnelle en Hongrie et en Pologne ; Lefa Mondon sur l’efficacité des mesures restrictives dans l’arbitrage international ; Anastasia Azar sur la création du droit des femmes par les femmes ; Robin Gonalons sur les régimes de responsabilité pénale et financière applicables aux gestionnaires publics dans le secteur de la santé.
Des enjeux qui nécessitent, par nature, de confronter les points de vue à d’autres réalités nationales. Pour Lefa Mondon, cette ouverture était indispensable :
« Mon domaine est vraiment axé sur l’international. J’avais besoin de savoir comment d’autres personnes abordaient leur sujet. Ça m’a poussée à envisager mon sujet sous d’autres angles, à découvrir d’autres méthodes de travail. J’avais besoin de sortir de mon cadre français. »
Un exercice exigeant mais salutaire : confronter les regards, faire le point sur sa thèse
Présenter sa thèse en dix minutes, en anglais, devant un auditoire international : un exercice qui ne relève pas seulement d’un défi linguistique, mais qui constitue avant tout un impératif de clarté. Chacun doit rendre sa recherche intelligible pour des pairs qui ne partagent pas forcément les mêmes codes ni les mêmes références. C’est ce qu’affirme Robin Gonalons :
« Il ne faut ni jargonner, ni faire preuve d’une nuance excessive au risque de perdre son auditoire. C’est un exercice qui permet de mesurer sa propre maîtrise des concepts essentiels de sa recherche. »
Pour Anastasia Azar, cette préparation s’est révélée une véritable opportunité de faire le point sur l’état de sa recherche :
« La recherche, c’est énormément de brouillons, différentes pages Word ouvertes, différents onglets. C’était la première vraie rédaction que j’ai pu produire, certes en anglais, mais je l’ai envoyée à mes directeurs de thèse. On réalise, paradoxalement, qu’on a bien avancé. »
Si le travail doctoral est souvent solitaire, le Guild Law Doctoral Workshop a permis aux participantes et participants de bénéficier d’un regard extérieur très précieux dans l’évolution de leur projet de thèse. Confrontés à des pairs italiens, néerlandais ou polonais, les doctorantes et doctorants ont également comparé leurs réalités quotidiennes pendant les temps d’échanges plus informels organisés par l’Université de Ljubljana. Durée des contrats, missions d’enseignement, rémunération et reconnaissance ou encore relation avec le directeur de thèse : autant de paramètres qui peuvent varier selon les modèles doctoraux européens, comme le souligne Charles Paliard :
« Les matières SH comme le droit c’est un travail qui est solitaire, on a souvent du mal à savoir où on en est, où on se place. Cela peut toujours être bien d’avoir un autre point de vue que celui du directeur de thèse, et notamment à l’international. Cela permet aussi de discuter de choses concrètes avec d’autres doctorants, pas que de choses très abstraites ou conceptuelles, par exemple savoir comment sont payés les doctorants en Italie, en Espagne. »
Des échanges scientifiques aux retombées concrètes
Loin d’une simple conférence, cette mobilité a permis d’ouvrir des perspectives très concrètes pour les doctorantes et doctorants, en facilitant notamment leur mise en relation avec des expertes et experts européens de premier plan.
Pour Charles Paliard, la rencontre déterminante a été celle d’un professeur polonais spécialiste de son terrain de recherche :
« Il y avait un professeur polonais avec lequel j’ai gardé contact. Nous allons certainement nous réécrire pour que j’aille peut-être en Pologne rencontrer directement des juges constitutionnels là-bas. »
Lefa Mondon a pu, elle aussi, rencontrer une experte de référence :
« Il y avait une professeure basée en Slovénie, spécialiste de mon sujet, qui rédige les rapports sur les sanctions économiques pour l’Union européenne. Elle était dans le panel. Elle m’a conseillé sur les réseaux académiques et institutionnels à rejoindre à l’échelle de l’UE. »
Pour Anastasia Azar, c’est une discussion avec des collègues italiennes qui a révélé des similitudes historiques pertinentes dans le cadre de son sujet :
« Elles m’ont parlé de certaines revues italiennes qui retraçaient le droit des femmes en Italie, et je me dis pourquoi pas essayer de faire une ouverture comparatiste. »
Ces connexions illustrent ce que l’ensemble des participantes et participants ont retenu comme l’un des apports les plus précieux du workshop : la constitution d’un réseau académique européen.
La mobilité doctorale : une pratique qui se démocratise grâce aux réseaux européens
Malgré l’étonnement initial de certains collègues face à cette mobilité, le retour d’expérience est unanime : la mobilité européenne agit comme une expérience académique et humaine galvanisante dans le parcours doctoral, accessible à toutes et tous, indépendamment du sujet de recherche ou d’une expérience internationale préalable.
« Avant de partir, quand je disais à mes collègues que j’allais en Slovénie pour une conférence, tous me demandaient : mais qu’est-ce que tu vas faire en Slovénie ? (…) C’est intéressant de voir que des réseaux universitaires sont présents même auprès des institutions européennes et que notre université en fasse partie. Je n’en avais pas connaissance avant la mobilité », raconte Charles Paliard. Une réaction qui témoigne moins d’un désintérêt que d’une méconnaissance encore répandue des opportunités offertes pour les doctorantes et doctorants.
« Les relations humaines sont tout aussi importantes que le développement académique. C’est une expérience enrichissante, tant sur le plan professionnel que personnel, je recommande à 100 %.», affirme Anastasia Azar
The Guild constitue ainsi pour les doctorantes et doctorants d’UPCité un levier concret : échanger avec des expertes et experts européens, confronter ses travaux à un regard international, construire un réseau académique durable. Pour l’Université Paris Cité, l’adhésion à ce réseau constitue un atout stratégique : elle permet de participer à la construction de l’espace européen de la recherche.
À lire aussi
L’Europe se vit tous les jours à l’Université Paris Cité
Université européenne par essence, l’Université Paris Cité met à l'honneur le Joli Mois de l'Europe et célèbre la journée symbolique du 9 mai. Dans un contexte international qui souligne plus que jamais l’importance de l’unité et de la coopération, la Fête de l’Europe...
L’Université Paris Cité à l’honneur pour la 75ème édition des Lindau Nobel Laureate Meetings
Pour cette édition 2026, trois jeunes talents de l’Université Paris Cité ont été sélectionnés pour participer aux prestigieux Lindau Nobel Laureate Meetings à Lindau en Allemagne. Une opportunité unique pour Federica Namor, Marie Robert et Luca Ferrini d’échanger avec...
Chronobridge et REGolution, deux projets lauréats de l’appel MSCA-Doctoral Network 2025
Cette année, l’Université Paris Cité félicite Raphaël Porcher, Professeur de biostatistique à l’Université Paris Cité au sein du CRESS1 et partenaire du projet REGolution, ainsi que Ganna Panasyuk, Directrice de recherche à l’INEM2 et partenaire du projet...
[Paris-NUS] Résultats des appels à projets 2026
Dans le cadre du partenariat privilégié entre l’Université Paris Cité (UPCité) et la National University of Singapore (NUS), trois appels à projets ont été lancés en 2025, permettant aux communautés des deux établissements de renforcer et d'approfondir leurs liens. La...