Une équipe internationale, coordonnée par le Pr Jean-Michel Molina du département des maladies infectieuses des hôpitaux Saint-Louis et Lariboisière AP-HP et d’Université Paris Cité, a démontré une très nette efficacité du lenacapavir chez les patients, en multi-échec, atteints d’une infection par le VIH-1 multirésistante.
© Pixabay
Les patients infectés par le VIH de type 1 ayant des virus multi-résistants disposent d’options thérapeutiques limitées et sont à risque élevé de morbi-mortalité.
L’équipe de recherche a étudié l’effet du lenacapavir, un nouvel antirétroviral de mécanisme d’action original, chez les patients atteints d’une infection par le VIH-1 multirésistante.
72 patients infectés par un VIH-1 multirésistant, avec une réplication virale non contrôlée, ont été inclus dans deux cohortes.
Dans la cohorte 1, les patients ont été randomisés selon un rapport 2:1 pour recevoir du lenacapavir par voie orale ou un placebo en plus de la poursuite de leur traitement existant pendant 14 jours. A partir du jour 15, les patients ont reçu le lenacapavir en injection sous–cutanée tous les 6 mois, en plus d’un traitement antiviral optimisé.
Le critère d’évaluation principal était le pourcentage de patients qui avaient une diminution d’au moins 0,5 log10 copies/ml de la charge virale au jour 15. Un critère d’évaluation secondaire clé était la proportion de patients ayant une charge virale inférieure à 50 copies/ml à la semaine 26.
Dans le groupe lenacapavir, 21 patients sur 24 (88%) ont obtenu une diminution d’au moins 0,5 log10 copies/ml de la charge virale au jour 15 et seulement 2 patients sur 12 (17%) dans le groupe placebo. La diminution moyenne de la charge virale était de plus de 2,1 log10 copies/ml dans le groupe lenacapavir alors qu’elle augmentait de 0,07 log dans le groupe placebo. A 26 semaines, 81% des patients de la cohorte 1 ont obtenu une charge virale < 50 copies/ml.
Dans la cohorte 2 en ouvert, les patients ont reçu d’emblée le lenacapavir avec un traitement antiviral optimisé et 83% avaient une charge virale < 50 copies/ml à 26 semaines.
Aucun événement indésirable grave lié au lenacapavir n’a été identifié dans cette étude. L’événement indésirable le plus fréquent dans cette étude était les réactions au point d’injection.
Une phase d’extension de l’étude visant à évaluer divers autres critères d’efficacité et de tolérance se poursuit avec une injection sous–cutanée de lenacapavir tous les 6 mois, en plus d’un traitement antiviral optimisé.
Le lenacapavir, dont le mécanisme d’action est unique en interagissant avec les protéines de la capside du VIH-1, bloque de multiples étapes du cycle de réplication viral, avant et après l’intégration du provirus dans l’ADN cellulaire. Il n’y a pas de résistance croisée avec les autres antiviraux actuellement disponibles.
Cet antiviral a aussi l’intérêt de ne devoir être administré qu’une fois tous les 6 mois par voie sous-cutanée ce qui facilité l’observance du traitement.
Le lenacapavir est un médicament en cours de développement et son utilisation n’est autorisée par aucune autorité réglementaire. Son efficacité et sa tolérance ne sont pas établies.
Gilead Sciences est le promoteur de l’étude CAPELLA.
Références
Capsid Inhibition with Lenacapavir in Multidrug-Resistant HIV-1 Infection – Sorana Segal-Maurer, Edwin DeJesus, Hans-Jurgen Stellbrink, Antonella Castagna, Gary J. Richmond, Gary I. Sinclair, Krittaecho Siripassorn, Peter J. Ruane, Mezgebe Berhe, Hui Wang, Nicolas A. Margot, Hadas Dvory-Sobol, Robert H. Hyland, D.Phil., Diana M. Brainard, Martin S. Rhee, Jared M. Baeten, Jean-Michel Molina, New England Journal of Medecine.
DOI : 10.1056/NEJMoa2115542
À lire aussi
Mobilité doctorale : résultats de l’appel à projets entre l’Université Paris Cité et l’Université de Toronto
Lancé en 2026 dans le cadre du partenariat privilégié entre l'Université Paris Cité (UPCité) et l'University of Toronto (U of T), et soutenu par l'Initiative d'excellence (IdEx), l'appel à projets de mobilité doctorale vise à développer des thématiques d’intérêt...
Le Lieu de mémoire de la pandémie de Covid-19 ouvre ses portes au public
À partir du mercredi 16 septembre, le Lieu de mémoire de la pandémie de Covid-19 accueillera le public tous les mercredis, de 14 à 17h30, au siège Odéon de l’Université Paris Cité, situé au 12 rue de l'École de médecine. L’accès sera libre et gratuit, sans...
Comment nos organes savent-ils distinguer leur droite de leur gauche ?
L’équipe de Sigolène Meilhac (Institut Imagine, Inserm, Université Paris Cité, Institut Pasteur) bouscule trente ans de certitudes sur l'origine de l'asymétrie de notre corps. Dans une étude publiée dans Science Advances, l'équipe de recherche montre, dans un modèle...
Retour sur la Journée des Directions d’unité 2026
Le séminaire qui s’est tenu le 29 juin réunissant les directrices et les directeurs d’unités a permis d’aborder de nombreux sujets relatifs aux activités de recherche menées au sein de l’établissement. Diverses thématiques ont ainsi été discutées, parmi lesquelles le...