Le 26 novembre 2018, la mission InSight de la NASA se posait sur Mars, et quelques semaines plus tard, le sismomètre SEIS était déposé à la surface de la planète rouge. Depuis février 2019, les capteurs très large bande de SEIS, conçu à l’IPGP et financé par le CNES, mesurent en permanence les vibrations du sol martien. Dans la dernier épisode de la websérie « SEIS, une aventure spatiale », les scientifiques de l’équipe InSight de l’IPGP et d’Université Paris Cité expliquent comment la dizaine de séismes détectés sur Mars par ces capteurs ultra-sensibles permettent, pour la première fois, de dévoiler la structure interne de Mars, jusqu’à son noyau.
Après quelques mois de fonctionnement, durant lesquels les capteurs (et les chercheurs) ont appris à vivre dans le rude environnement martien, SEIS enregistrait son premier « tremblement de Mars » le 7 avril 2019. Plus de 2 ans et demi plus tard, à partir d’une dizaine de séismes basse fréquence détectés sur Mars par le sismomètre très large bande, et malgré les difficultés liées au bruit ambiant et à la faible sismicité de la planète, l’équipe internationale de la mission InSight a pu dévoiler la structure interne de Mars. Dans trois études publiées le 23 juillet dans la revue Science, elle révèle, pour la première fois et grâce à l’analyse des ondes sismiques, réfléchies et modifiées par les interfaces internes de la planète, une estimation de la taille du noyau, de l’épaisseur de la croûte et de la structure du manteau.
Après plus de deux ans de surveillance sismique martienne, le premier modèle de la structure interne de Mars est donc obtenu. Et comme souvent en exploration planétaire, ce sont de nouvelles questions, sur l’altération de la croûte ou sur l’implication de ce modèle quant à la formation et l’évolution de Mars, qui sont soulevées. Avec la prolongation de deux ans de la mission InSight et la puissance électrique supplémentaire obtenue suite au nettoyage de ses panneaux réalisé par le JPL, de nouvelles données consolideront et amélioreront encore ces modèles.
Et pour le sismomètre, une autre aventure commence, puisque le jumeau de SEIS devrait équiper une prochaine mission de la NASA visant à étudier la sismicité de la face cachée de la Lune !
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