Les médecins de l’hôpital Bichat-Claude Bernard AP-HP et Université Paris Cité ont réalisé une étude pour évaluer si un algorithme thérapeutique utilisant des stéroïdes avec ou sans antagoniste de l’interleukine-1 (anakinra) pouvait diminuer le décès ou la ventilation invasive chez les patients atteints de COVID-19 sévère.
Les résultats de ces travaux qui ont fait l’objet d’une publication dans la revue PLOS ONE le 16 décembre 2020 montrent que l’utilisation de corticostéroïdes, avec ou sans anakinra, a été associée à une diminution de 30% du risque de décès à J15 chez les patients atteints de COVID-19 sévère.
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A l’arrivée de la première vague de l’épidémie de COVID-19, aucun traitement ne faisait consensus ni démontré son efficacité. Les patients présentaient cependant après 5 jours de symptômes un état d’hyperinflammation qui suggéraient un possible bénéfice des corticoïdes.
Après analyse de l’état de la littérature, les équipes de l’hôpital Bichat-Claude Bernard AP-HP ont proposé, à partir du 27 Mars 2020, un algorithme thérapeutique institutionnel comprenant des corticoïdes pour les patients non hospitalisés en réanimation mais ayant un état d’hyperinflammation nécessitant un débit d’au moins 3L/min d’oxygène, lorsqu’ils ne pouvaient être inclus dans un essai thérapeutique. Cet algorithme thérapeutique reposait sur des corticoïdes auxquels était associé de l’anakinra pour les patients les plus sévères.
Les données recueillies de manière prospective ont été comparées à celles de patients au même stade de sévérité pris en charge avant le 27 Mars 2020 à l’hôpital Bichat-Claude Bernard AP-HP ou à l’hôpital Bicêtre AP-HP.
Le 10 Avril 2020, 108 patients consécutifs avaient été traités en deux semaines selon ce schéma thérapeutique dont 70 sous corticoïdes seuls. La mortalité à J14 était de 20,4% contre 30,2% dans le groupe sans corticoïdes soit une diminution de 30%. Ving-neuf patients (26,9%) ont présenté un déséquilibre d’un diabète préexistant. Pour les patients pour lesquels elle était disponible, la charge virale Sars-Cov2 diminuait significativement après l’introduction des corticoïdes.
Cette étude a donc rapidement confirmé un possible bénéfice des corticoïdes dans l’état hyperinflammatoire du COVID-19. Ce bénéfice a été confirmé par la suite par l’étude prospective randomisée britannique RECOVERY pour la même indication. La durée, la posologie des corticoïdes comme l’intérêt de les associer à un autre immunomodulateur tel que l’anakinra ou du tocilizumab reste encore à évaluer.
Référence : Glucocorticoids with low-dose Anti-IL1 Anakinra Rescue in Severe Non-ICU COVID-19 Infection: a Cohort Study
Raphael Borie, Laurent Savale, Antoine Dossier, Jade Ghosn, Camille Taillé, Benoit Visseaux, Kamel Jebreen, Abourahmane Diallo, Chloe Tesmoingt, Lise Morer, Tiphaine Goletto, Nathalie Faucher, Linda Hajouji, Catherine Neukirch, Mathilde Phillips, Sandrine Stelianides, Lila Bouadma, Solenn Brosseau, Sébastien Ottaviani, Johan Pluvy, Diane Le Pluart, Marie-Pierre Debray, Agathe Raynaud-Simon, Diane Descamps, Antoine Khalil, Jean Francois Timsit, Francois-Xavier Lescure, Vincent Descamps, Thomas Papo, Marc Humbert, Bruno Crestani, Philippe Dieude, Eric Vicaut, Gérard Zalcman.
DOI: https://doi.org/10.1371/journal.pone.0243961
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Université Paris Cité
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