Coordonné par l’Université Paris Cité et porté par Giuseppina Caligiuri, responsable de l’équipe Immunobiologie cardiovasculaire au Laboratoire de Recherche Vasculaire Translationnelle et Vice-doyenne en charge de la valorisation de la Faculté de Santé de l’Université Paris Cité, le projet SOPHIA (Synergies for Open Planetary Health Innovation Action), dont l’acronyme évoque la sagesse, compte repenser le rôle des universités en matière d’innovation et faire de l’alliance universitaire européenne Circle U. le partenaire européen de référence de l’innovation en santé planétaire.

Giuseppina Caligiuri,
porteuse du projet SOPHIA

Aujourd’hui, une part importante de la valeur créée par la recherche publique échappe à ceux qui la produisent. Lorsqu’une université, ou une start-up qui en est issue, noue un partenariat, l’investisseur mène une « due diligence », qui correspond à l’ensemble des vérifications destinées à évaluer les risques du projet. Faute d’un dossier de données suffisamment robuste, un simple résultat contradictoire peut fragiliser un brevet, et conduire les investisseurs à rompre la collaboration avec l’académie. L’université, comme l’État, ne récupèrent alors rien sur l’investissement public initial.

Les due diligences reposent essentiellement sur des experts issus du monde académique, capables d’évaluer un projet à travers un triple prisme : scientifique, valorisation et chaîne translationnelle, qui est le parcours transformant une découverte du laboratoire en un produit industriel ou commercial, implanté dans la société. Le projet SOPHIA propose de mobiliser cette expertise, déjà présente au sein des universités et de leurs partenaires, pour que la valeur profite à ceux qui l’ont produite ainsi qu’à la société, qui l’a rendue possible. De cette manière, en évaluant elles-mêmes, en amont, la faisabilité d’un projet, les universités augmentent leur taux de succès en due diligence.

« Avec SOPHIA, nous voulons faire des universités des partenaires de plein droit dans la valorisation de leur propre recherche. En évaluant elles-mêmes en amont et collectivement, la faisabilité de leurs projets d’innovation, les universités gagnent la confiance des investisseurs tout en orientant l’innovation vers ce qui compte vraiment pour les citoyens et pour la planète » explique Giuseppina Caligiuri, porteuse du projet SOPHIA.

Innovation Mission Officer : un modèle qui a fait ses preuves à l’Université Paris Cité

« Le modèle de diligence collaborative de SOPHIA, testé dans le cadre du PUI ValoCité, piloté par l’Université Paris Cité, démontre que la mobilisation systématique d’un réseau d’experts, dès la « prématuration2 », améliore la viabilité des projets de valorisation grâce à une identification plus précoce des problèmes de faisabilité » explique Giuseppina Caligiuri.

Ces réseaux d’experts sont mobilisés par des Innovation Mission Officers (IMO). Ces derniers ont pour mission de mobiliser des professionnels du consortium autour des trois dimensions de chaque projet d’innovation : la science qui le fonde, sa désirabilité et sa trajectoire de valorisation, qui permet l’implémentation de l’innovation dans la société. Ils réunissent ainsi des panels d’experts combinant des perspectives disciplinaires, cliniques, réglementaires et commerciales.

La contribution distinctive de SOPHIA est d’étendre cette approche à l’échelle d’alliances comme Circle U., qui regroupe neuf universités européennes, toutes partenaires du projet. Les partenaires partagent le retour d’expérience et les bonnes pratiques qui en émergent, nourries par la diversité des expertises de l’alliance, du transfert de technologie éprouvé à Pise à la valorisation de la recherche en santé à Paris, berceau du modèle des Innovation Mission Officers, en passant par la co-création et l’apprentissage par défis développés à Aarhus au sein de l’incubateur The Kitchen. Codifiées au fil de l’expérimentation, ces bonnes pratiques constituent l’un des livrables du projet  : construire une méthodologie commune qui bénéficiera à d’autres universités et aux futures cohortes de « pionniers » de l’initiative EIT Higher Education.

La santé planétaire au cœur de l’innovation

Une des particularités du projet SOPHIA est que la pertinence pour la société et la valeur pour les citoyens constituent des critères primordiaux pour soutenir des projets d’innovation. SOPHIA compte accompagner de façon systématique les entreprises qui s’attaquent aux défis les plus urgents à la croisée de la santé humaine et de la durabilité. Cette perspective s’inscrit dans la santé planétaire, signature de l’Université Paris Cité et champ thématique de SOPHIA.

Dans ce projet, les dimensions numérique, médicale et socioculturelle seront au service de l’innovation en matière de santé planétaire. Les projets évalués devront ainsi être fondés sur une réalité sociale, ce qui augmentera leur pertinence dans le monde réel et leurs chances d’être adoptés par le monde économique. La compréhension culturelle, la construction de sens et l’expérience utilisateur sont donc au cœur des processus d’innovation dans le cadre de ce projet d’envergure.

Former 4 000 innovateurs : un effet démultiplicateur

La formation en innovation de 4 000 participants, dont des étudiants, des membres du personnel académique et des membres du personnel non académique figure parmi les grands objectifs du projet. Des programmes labellisés EIT, axés sur des défis concrets, seront ainsi déployés au sein des universités membres. La formation à grande échelle dispensée par SOPHIA aura un effet multiplicateur : chaque enseignant formé qui intègrera un volet sur l’innovation dans son enseignement en démultipliera l’impact bien au-delà des participants directs.

« SOPHIA débutera le 1er septembre 2026, pour vingt-quatre mois. Les prochaines semaines seront décisives : un lancement virtuel du consortium début septembre, une réunion de lancement à Paris mi-octobre, avant le déploiement du réseau d’Innovation Mission Officers à l’échelle de l’alliance Circle U. et l’ouverture des premiers programmes labellisés EIT. C’est le point de départ d’une transformation durable de la façon dont les universités européennes valorisent leur recherche au service de la santé planétaire. » indique Giuseppina Caligiuri.

 

1 : Université Paris Cité (UPC), Aarhus University (AU), Università di Pisa (UNIPI), Universität Wien (UNIVIE), UCLouvain, Univerzitet u Beogradu (UB), King’s College London (KCL), Universitetet i Oslo (UiO), Humboldt-Universität zu Berlin (HU), Circle U. AISBL, Start Attractor Foundation, Medicen Paris Region, SHL Architects, Uddannelsesinitiativet, Erganeo, Inria, Withings, SoundHub Denmark

2 : phase clé de transition entre la recherche académique et l’innovation

LE SAVIEZ-VOUS ?

  • L’appel EIT Higher Education Initiative est piloté par l’institut européen d’innovation et de technologie (EIT). Cet appel offre jusqu’à 2 millions d’euros par projet pour renforcer les capacités d’innovation et d’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur en Europe. 
  • Situés dans les pôles recherche de chacune des trois facultés, les départements d’ingénierie et de management de projet facultaires/grants-office vous accompagnent dans le montage et le dépôt de votre projet ainsi que dans tout son cycle de vie.
  • Giusppina Caligiuri est également co-responsable de la Graduate School Cardiovascular & Blood Sciences.

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